Deux obligations, deux régimes de sanction à ne pas confondre
Le décret tertiaire impose, entre autres, deux obligations distinctes : déclarer chaque année ses consommations d'énergie sur la plateforme OPERAT, et — depuis le 1er juillet 2026 — afficher l'attestation Éco Énergie Tertiaire qui en résulte. La première dispose d'un régime de sanctions bien établi et documenté depuis plusieurs années. La seconde, entrée en vigueur récemment, s'appuie sur une obligation légale claire (article R.174-32 du Code de la construction et de l'habitation) mais sans sanction pécuniaire dédiée clairement identifiée à ce jour dans les textes disponibles.
Sanctions en cas de non-déclaration sur OPERAT
Le régime applicable à la non-déclaration (ou à la non-atteinte des objectifs de réduction) suit une escalade en trois niveaux :
| Niveau | Déclencheur | Mesure |
|---|---|---|
| 1 — Publicité | Non-déclaration ou mauvaise performance | Publication du nom du bâtiment et de sa note sur la plateforme publique (« name and shame ») |
| 2 — Mise en demeure | Absence de déclaration persistante | Mise en demeure adressée par le préfet, délai de 3 mois pour se mettre en conformité |
| 3 — Amende | Mise en demeure restée sans effet | Jusqu'à 1 500 € (personne physique) / 7 500 € (personne morale), renouvelable chaque année |
Cette procédure est documentée et appliquée : elle constitue le socle de sanction du dispositif décret tertiaire depuis son entrée en vigueur.
Et en cas de non-affichage de l'attestation elle-même ?
C'est ici que la confusion est fréquente. L'obligation d'affichage de l'attestation, fixée par l'article R.174-32, est une obligation légale à part entière depuis le 1er juillet 2026. Pour autant, à la lecture des textes et des analyses disponibles, aucune sanction pécuniaire spécifique et distincte n'est aujourd'hui clairement prévue pour le seul défaut d'affichage — contrairement au régime bien balisé de la non-déclaration. En pratique, le contrôle du respect de l'affichage relève de la même inspection générale du dispositif décret tertiaire : un défaut d'affichage constaté lors d'un contrôle pourrait donc être traité dans le cadre de la procédure classique de mise en demeure, sans qu'il existe à ce stade un barème d'amende autonome et publié pour ce seul manquement.
Qui est responsable : bailleur ou preneur ?
Comme pour la déclaration, la responsabilité de l'affichage suit la logique de la co-assujettissement : le propriétaire répond de l'EFA dont il a la charge, le preneur de celle dont il est responsable dans le cadre de son occupation. En pratique, l'entité qui gère physiquement l'accueil du public (souvent le preneur ou l'exploitant) est la mieux placée pour matérialiser l'affichage, mais l'obligation légale pèse sur l'assujetti déclarant, quel qu'il soit.
Les risques indirects, souvent plus lourds que l'amende
Au-delà d'une sanction pécuniaire éventuelle, l'absence d'affichage — comme l'absence de déclaration — expose à des conséquences souvent plus coûteuses en pratique : image dégradée auprès des occupants et du public, difficulté à documenter une démarche RSE/ESG crédible (notamment pour les entreprises soumises à la CSRD), et perte d'argument lors d'une négociation immobilière (bail ou vente) où l'attestation devient un élément de discussion à part entière. Voir notre guide sur l'impact des transactions immobilières.
Comment se mettre en conformité rapidement
- Vérifier que la déclaration annuelle est à jour sur OPERAT pour chaque EFA (échéance 2026 : 30 septembre)
- Télécharger l'attestation correspondante dès sa génération
- L'afficher dans un lieu visible et accessible, ou via un support numérique conforme
- Conserver une preuve datée de l'affichage